Sénégalais de l’exterieur : Le Faise veut sécuriser ses financements

Après huit ans d’existence, le Fonds d’appui à l’investissement des Sénégalais de l’extérieur (Faise) veut changer d’orientation pour mieux sécuriser ses financements et sa pérennité. Au début, admet le responsable administratif et financier du fonds, Sadikh Mbaye, il avait un « caractère politique ». « Aujourd’hui, le Faise doit aller vers le développement », affirme Sadikh Mbaye, à l’ouverture de l’atelier sur la sécurisation des financements du Faise. L’atelier vise à évaluer les modes de financements du fonds et recueillir les avis et les recommandations des experts dans une dynamique de sécurisation des projets et de sa pérennisation, a expliqué l’administrateur du Fonds, Nata Samb Mbacké. Il s’agira de mettre sur pied une « meilleure stratégie d’octroi, de suivi et de recouvrement des financements du Faise », a-t-elle ajouté.

Nata Samb Mbacké a listé des réalisations du Faise dont la dotation budgétaire est passée de 340 millions en 2008 à 2 milliards de FCfa en 2016. « Cette augmentation du budget traduit, affirme-t-elle, la volonté du chef de l’Etat de consacrer la diaspora comme la quinzième région du Sénégal. » Nata Samb Mbacké a indiqué que le Faise a dégagé 1,885 milliard de FCfa pour financer 238 projets depuis sa création. Toutefois, l’administrateur du Faise souligne que le fonds est confronté à des difficultés liées, entre autres, au recouvrement des financements, qui « modèrent le plein essor du fonds ». Ces contraintes impliquent, à son avis, une remise en cause des mécanismes de financement du fonds. Selon Nata Samb Mbacké, cet atelier constitue un « contexte heureux pour redynamiser ou professionnaliser le Fonds et offrir aux Sénégalais désireux d’investir dans le pays à la fois un appui financier et technique ».

Mohamed Ndiaye, Directeur général du Crédit mutuel du Sénégal (Cms) a salué les performances du partenariat entre le Faise et sa structure. 87 projets ont été financés par le Cms pour une enveloppe globale de 431 millions de FCfa. « Présentement, dit-il, seuls 2 millions de FCfa connaissent un retard de remboursement. Si l’on fait le rapport, le ratio est tout à fait marginal », estime M. Ndiaye, insistant sur la définition du cadre opérationnel de sélection des projets « Cap 2018 » qui, selon lui, « va aider toutes les parties prenantes à monter les meilleurs dossiers possibles ». Si le ratio de non remboursement est marginal au Cms, tel n’est pas le cas à la Banque atlantique, regrette le responsable administratif et financier du Faise. Pour Sadikh Mbaye, le ventre mou du Faise, c’est le recouvrement. « Il n’y a aucune contrainte pour obliger les bénéficiaires à rembourser les prêts », déplore-t-il. Il estime que cette situation est liée au fait que le Faise n’a pas une « mainmise » sur le montage et la sélection des dossiers et n’intervient qu’au financement.

Souleymane Diam SY